Cette année la vente d’Artcurial à Rétromobile était composée de deux parties : la première était consacrée à la dispersion de la collection Baillon, qui aura fait couler beaucoup d’encre (virtuelle) sur le web ces deux derniers mois. La seconde était une vente plus classique avec une centaine de voitures de provenances diverses. Je vais commencer par la collection Baillon, qui était probablement l’attraction de l’année. Monsieur Baillon était un transporteur Niortais assez connu et qui a fait fortune après-guerre. Passionné par les belles mécaniques, il parcourait la France à la recherche des grosses cylindrées d’avant-guerre dont personne ne voulait à l’époque. Il stocka ainsi plusieurs centaines de voitures dans sa propriété des Deux-Sèvres, avec pour objectif de créer un musée qui leur serait dédié, aidé dans sa tâche par son fils. Dans les années 70, suite à la perte de quelques gros contrats, l’entreprise fit faillite. S’en suivent quelques déboires avec le fisc et M. Baillon fut contraint de se séparer, lors de deux ventes aux enchères à la fin des années 70 et dans les années 80, d’une grande partie de sa collection. Suite à ces deux ventes il restait encore 90 voitures stockées dans des dépendances, tombant petit à petit dans l’oubli général, hormis pour quelques spécialistes et historiens. M. Baillon décédera à la fin des années 90, son fils conservant le secret sur la présence de ces voitures, sortant juste de temps à autre avec ses Ferrari « récentes » : une Mondial cabriolet et une 400 GT. C’est suite au décès du fils que le secret a été dévoilé, les héritiers souhaitant se séparer de la collection. Seulement 59 voitures seront mises en vente (les plus rares et chères), les autres restant d’après la rumeur propriété des héritiers. On voit en effet sur certaines photos une Dauphine, une Taunus ou encore une Ami 6 qui n’apparaissent pas dans le catalogue de la vente.

La vente était folle : les prix se sont envolés très rapidement, chaque épave doublant son estimation haute… au minimum ! Bon nombre d’entre elles ont même dépassé la côté d’une voiture parfaitement restaurée… On peut se demander si la spéculation n’est pas en train de rendre fou le marché de l’automobile ancienne ! Je n’aborderai ici que la seule Citroën de la collection Baillon à être en vente : une Type C à carrosserie trèfle de 1924, vendue sans carte-grise. Estimée 800-1200€, elle s’est vendue… 23 840€, frais compris, soit presque vingt fois l’estimation haute !

Artcurial à Rétromobile 2015 - Citroën Type C 5HP Trèfle - 1924 Artcurial à Rétromobile 2015 - Citroën Type C 5HP Trèfle - 1924 Artcurial à Rétromobile 2015 - Citroën Type C 5HP Trèfle - 1924

Dans la seconde partie de la vente, seulement deux Citroën étaient présentes : la première est un cabriolet Traction 11B de 1937. Équipée d’une conduite à droite et d’un moteur de Traction 11D, elle a appartenu au fils d’André Lefevbre. Estimée 80 000 à 100 000€, elle s’est vendue 107 280€ frais compris.

Artcurial à Rétromobile 2015 - Citroën Traction 11B cabriolet - 1937 Artcurial à Rétromobile 2015 - Citroën Traction 11B cabriolet - 1937 Artcurial à Rétromobile 2015 - Citroën Traction 11B cabriolet - 1937 Artcurial à Rétromobile 2015 - Citroën Traction 11B cabriolet - 1937

Est ensuite mise en vente cette superbe CX transformée en limousine. Le catalogue indique que la voiture est de 1989… ce qui ne semble pas être le cas puisqu’elle a toutes les caractéristiques d’une CX de première génération (pare-chocs, tableaux de bord, etc…). Il s’agit plus probablement de la date de transformation, ce qui laisse supposer que cette voiture a eu une vie de CX « normale » avant d’être carrossée par Nilsson, en Suède. Cette transformation fait suite à une commande de Erich Honecker, alors dirigeant de la RDA, en vue de la visite de François Mitterand en 1989. Une deuxième CX a également été transformée de la même manière pour cette occasion. Malheureusement, avec la chute du mur de Berlin, la visite du président français fut annulée… et les deux CX immobilisées car inutiles : celle-ci affiche 17 500km seulement au compteur ! Estimée 40 000€ à 60 000€, elle s’est vendue… 95 360€ !

Artcurial à Rétromobile 2015 - Citroën Artcurial à Rétromobile 2015 - Citroën CX25 Prestige Automatic Nilsson - 1989 Artcurial à Rétromobile 2015 - Citroën CX25 Prestige Automatic Nilsson - 1989 Artcurial à Rétromobile 2015 - Citroën CX25 Prestige Automatic Nilsson - 1989 Artcurial à Rétromobile 2015 - Citroën CX25 Prestige Automatic Nilsson - 1989 Artcurial à Rétromobile 2015 - Citroën CX25 Prestige Automatic Nilsson - 1989 Artcurial à Rétromobile 2015 - Citroën CX25 Prestige Automatic Nilsson - 1989

L’intérieur a été aménagé.

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Nilsson a apposé très discrètement sa marque.

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